Il est fréquent de constater un écart entre l’énergie consommée et le confort réellement ressenti : pièces difficiles à stabiliser en température, sensations de parois froides, courants d’air, humidité persistante ou factures en augmentation. L’audit énergétique a précisément vocation à objectiver ces signaux. Il convertit des impressions en un diagnostic technique argumenté, puis en une stratégie de rénovation structurée, chiffrée et hiérarchisée, afin d’engager les travaux dans un ordre cohérent et durablement efficace.

 

Audit énergétique vs DPE : deux documents, deux finalités complémentaires

Le DPE attribue une classe de A à G et fournit une vision globale de la performance énergétique et des émissions associées. Il permet de situer un bien sur le marché, mais demeure généralement trop synthétique pour bâtir un parcours de rénovation pertinent. L’audit énergétique réglementaire, à l’inverse, repose sur une visite sur site, l’analyse de l’enveloppe (isolation, ponts thermiques, étanchéité à l’air) et des systèmes (chauffage, eau chaude, ventilation, régulation), puis propose des scénarios de travaux comparés. Ces scénarios précisent des gains attendus, des ordres de grandeur de coûts et une trajectoire d’amélioration. L’objectif est de fournir une feuille de route opérationnelle, et non une simple “étiquette”.

 

Dans quels cas l’audit est requis ou fortement recommandé ?

En cas de vente, l’audit peut être exigé pour une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété lorsque le logement est considéré comme très énergivore, selon un calendrier progressif : les classes F et G sont déjà concernées, la classe E est obligatoire depuis le 1er janvier 2025, et la classe D le deviendra à partir du 1er janvier 2034. Concrètement, si votre bien est classé E, F ou G et mis en vente, l’audit doit être remis à l’acquéreur en complément du DPE.

En location, il n’est pas question d’“audit obligatoire” au sens strict, mais la notion de décence énergétique incite à anticiper. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont considérés comme non décents pour les nouveaux baux ; le calendrier prévoit ensuite un durcissement en 2028 pour les F et en 2034 pour les E. Dans la pratique, de nombreux bailleurs s’appuient sur un audit même hors obligation afin d’éviter des travaux ponctuels peu performants, sécuriser la mise en conformité et préserver la valeur patrimoniale du bien.

 

Livrables : ce que vous apporte un audit exploitable

Un audit pertinent ne se limite pas à constater ; il doit permettre d’arbitrer, planifier et budgéter. Il inclut généralement un état initial (atouts et points de vigilance), une représentation des déperditions (localisation et poids relatif des pertes), ainsi qu’au moins deux scénarios de travaux — le plus souvent un scénario “en une étape” et un scénario “phasé”. Le rapport propose des estimations de coûts, des gains attendus et une trajectoire d’amélioration. Les recommandations de ventilation constituent un point central, car elles conditionnent la qualité de l’air intérieur et la maîtrise de l’humidité, notamment après amélioration de l’étanchéité. Enfin, un nombre croissant d’audits intègre désormais le confort d’été (risque de surchauffe, protections solaires, inertie, stratégies de ventilation), devenu déterminant dans de nombreux logements.

 

Déroulement de l’étude : données utiles et approche terrain

La démarche se structure en trois temps : collecte des informations disponibles (année de construction, surfaces, DPE, travaux antérieurs, consommations, caractéristiques des équipements), visite technique détaillée du logement, puis analyse et modélisation débouchant sur des scénarios hiérarchisés. Pour fiabiliser l’analyse, il est conseillé de préparer une facture annuelle (ou un relevé de consommation), une liste des inconforts observés (pièces froides, courants d’air, humidité, surchauffe) et, si nécessaire, quelques photos des zones difficiles d’accès (combles, trappes, vide sanitaire).

 

Travaux récurrents et logique de priorisation : l’ordre qui fait la performance

Les recommandations reviennent souvent d’un audit à l’autre, mais c’est l’enchaînement des actions qui conditionne le résultat. En priorité, l’enveloppe (combles/toiture, murs, planchers bas, ponts thermiques, étanchéité à l’air) car elle réduit les besoins, stabilise les températures et améliore immédiatement le confort. En deuxième, la ventilation, indispensable pour garantir un renouvellement d’air maîtrisé et prévenir les désordres hygrothermiques après amélioration de l’étanchéité. En troisième, le chauffage et l’eau chaude, à dimensionner une fois les besoins réduits ; remplacer un système trop tôt conduit fréquemment à surdimensionner et à dégrader une partie des bénéfices économiques attendus.

 

Prix, validité et critères de sélection du professionnel

Le prix d’un audit n’est pas administré : il dépend de la surface, de la complexité du bâti, de l’accessibilité des zones techniques et du niveau de détail attendu. À retenir : l’audit énergétique réglementaire est valable cinq ans. Pour sélectionner un professionnel, privilégiez une démarche rigoureuse et pédagogique, des hypothèses clairement explicitées, des scénarios réalistes (y compris en phasage), et des recommandations cohérentes entre elles afin d’éviter des actions qui se neutralisent ou se contredisent.

Qu’il s’agisse d’améliorer le confort, de maîtriser les charges, d’anticiper les exigences liées à la location ou de préparer une vente, l’audit énergétique constitue un outil d’aide à la décision particulièrement pertinent. Il permet de prioriser les interventions, de sécuriser les choix techniques et d’engager un parcours de rénovation rationnel et économiquement défendable.

Christian – La Maison Des Travaux Libourne est à votre disposition pour vous accompagner dans la définition et la mise en œuvre de votre projet de rénovation énergétique.